10-04-2020

Confinement : ce que notre consommation d’eau nous dit de Paris

Depuis le 16 mars, la consommation en eau potable a baissé de 20 % à Paris. Le suivi des données des différents compteurs du réseau apporte un nouvel éclairage sur les conséquences du confinement dans la capitale. Décryptage. 

Chaque jour, en toute circonstance, Eau de Paris distribue de l’eau potable aux Parisien.ne.s. Pour adapter sa production à leurs besoins, l’entreprise suit en temps réel les volumes distribués dans le réseau et consommés par les usagers. Ces dernières semaines, les chiffres traduisent sans équivoque le confinement et l’arrêt brutal de l’activité économique.

La vie parisienne à l’arrêt

Dès la première semaine de confinement, le volume d’eau potable distribué par Eau de Paris a diminué de 20 %, passant de 500 000 m³/jour à 400 000 m³/jour. Le ralentissement brutal du passage dans les gares, l’arrêt des activités administratives, la fermeture des musées, comme le Musée du Louvre, se lisent sur les cartes. Les quartiers du centre, où se mêlent cafés, commerces, restaurants, si symboliques de la vie parisienne, et des habitations, marquent aussi le coup. C’est le cas notamment dans les 1er et 2e arrondissements qui enregistrent les plus fortes baisses de consommation en proportion : -45%

Rive gauche, c’est le 6e arrondissement qui enregistre la plus forte baisse : - 35 %. Et pour cause : c’est à la fois l’un des arrondissements les plus touristiques, les plus étudiants et les moins peuplés. Toutes les universités et les écoles ont fermé leurs portes et leurs robinets. La baisse de la consommation est également importante dans l’arrondissement le plus peuplé de la capitale avec ses 230 000 habitants : -15% dans le 15e arrondissement.

A l’inverse, le 20e arrondissement de Paris est celui qui enregistre la baisse de consommation la moins importante (- 5 %). Cet arrondissement où vivent près de 200 000 habitants compte beaucoup moins d’hôtels et de résidences secondaires, ces marqueurs d’activité touristique, que les autres arrondissements.

Le quotidien modifié

Autre élément à observer, les habitudes de consommation changent. Alors qu’en temps normal, on observe un pic de consommation entre 5 et 7 h du matin, les Parisien.ne.s semblent se lever un peu plus tard en période de confinement. La consommation journalière a ainsi tendance à ressembler à un dimanche perpétuel. Ce confinement est aussi une occasion de prendre son temps.

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