Vous êtes ici:
L’usine d’Austerlitz : une singularité parisienne
Publié le 26.11.2025
Mis à jour le 26.11.2025
Salle technique industrielle avec de gros tuyaux colorés. Au premier plan, un conduit rouge horizontal est fixé sur une structure métallique, au-dessus d’un tuyau bleu courbé. Des passerelles métalliques et des escaliers sont visibles à différents niveaux. Le plafond en béton comporte une poutre jaune avec un palan marqué « 2000 Kg ». L’éclairage est artificiel, avec plusieurs néons fixés aux murs en béton.
1
1994 : mise en service de l’usine actuelle
2
30 m : diamètre de la structure en béton
3
340 000 m3/j : capacité maximale de l’usine
4
73 000 m3/j : production moyenne de l’usine
5
1700 km : réseau d’eau non potable à Paris
Depuis 2015, l’Alliance des mégapoles pour l’eau et le changement climatique (en anglais Megacities Alliance for Water and Climate, d’où l’acronyme MAWAC) réunit des professionnels de l’eau, décideurs, chercheurs, opérateurs, venus des mégapoles d'Europe et d'Amérique du Nord (ENA), dont Paris, Londres, New-York, Los Angeles et Chicago. Ils partagent leurs expériences et développent ensemble des projets communs.
Se déroulant à Paris, leur rencontre de novembre 2025 était consacrée aux défis auxquels sont confrontées les mégapoles en matière d’eau et de changement climatique. Cet événement était organisé par l’association ARCEAU-IDF, en partenariat avec la Métropole du Grand Paris et avec le soutien de l’Agence de l’eau Seine-Normandie et d’autres acteurs (notamment Eau de Paris), sous les auspices du Programme Hydrologique International (PHI) de l’UNESCO.
Au programme mercredi 19 novembre : une visite exclusive de l’usine d’eau non potable d’Austerlitz proposée par Dan Lert et Benjamin Gestin à leurs homologues. Particularité parisienne, le réseau d’eau non potable, une eau écologique et économique, est un atout important face au dérèglement climatique
Austerlitz, une histoire d’eau
L’histoire de l’eau dans le quartier d’Austerlitz débute bien avant l’usine actuelle et puise sa source dans les différentes transformations autour de la gare. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, et à l’initiative d’Eugène Belgrand, est décidée la création d’une nouvelle usine de pompage des eaux de Seine afin de répondre à l’urgence des besoins en eau dans la capitale. Son eau est destinée au « service public », soit l’eau non potable (par opposition au « service privé », qui désignait l’eau destinée à la consommation humaine et distribuée dans les immeubles).
Edifiée sur un terrain de 6000 m2, entre les ponts de Bercy et d’Austerlitz, elle permet d’approvisionner les 13e, 14e et 20e arrondissements. L’usine est alors équipée de conduites de refoulement en fonte et est reliée au réservoir de Gentilly puis au réservoir de Charonne.
Plus tard, au milieu du XXe siècle, le site abrite tout un ensemble de bâtiments dédiés à l’eau à Paris : une division centrale technique pour l’ensemble des usines intramuros, avec une régie de génie civil pour l’entretien des ouvrages et une deuxième division centrale autour des ateliers mécaniques. En 1987, au moment de la création de la SAGEP (la société publique chargée de la production et du stockage de l’eau avant la création d’Eau de Paris), d’autres services sont également rapatriés sur le site d’Austerlitz comme le laboratoire des compteurs ou le dépôt des fontes (stockage de conduites neuves et de conduites usagées).
L’usine actuelle : moderne et agile
C’est en 1994 que sera mise en exploitation l’usine actuelle d’Austerlitz, après 30 mois de travaux. Conçue pour s’intégrer au mieux dans le quartier nouveau de la ZAC Paris Rive Gauche, en limitant l’emprise au sol, elle se niche à 20 mètres de profondeur. Son antre, une imposante structure en béton de près de 30 mètres de diamètre, est traversé par plusieurs conduites et canalisations formant un maillage de courbes et de couleurs et lui valant parfois le surnom du « Beaubourg de l’eau ».
L’usine est reliée au réseau d’eau non potable par 5 conduites de 1200 mm de diamètre et l’alimente à partir de la Seine ou du canal de l’Ourcq. Son principe de fonctionnement : l’eau s’écoule du centre vers les bords, et parcourt l’usine du bas vers le haut. Une fois captée, elle est refoulée par 4 groupes électropompes à l’étage supérieur. Celui-ci joue le rôle de plateforme de distribution.
L’usine d’Austerlitz assure également des fonctions de secours pour alimenter en secours le réservoir de Ménilmontant ou l’usine de La Villette par l’utilisation de la conduite DN1250 Bercy-Villette en sens inverse de son utilisation habituelle.
Le pilotage de l’usine est entièrement automatisé, les équipements électriques et les automates du niveau supérieur permettant une supervision et une commande directe par le centre d’exploitation, situé au siège d’Eau de Paris dans le 13e arrondissement. C’est donc à distance qu’une vanne est ouverte ou fermée !
Un patrimoine industriel…et artistique
Singulière par son architecture et son pilotage, l’usine d’Austerlitz l’est également pour son œuvre extérieure : la danse de la fontaine émergente de l’artiste Chen Zhen. Inaugurée en 2001, cette fontaine prend la forme d’un dragon émergent du sol de la place Augusta Homes, symbolisant le mouvement souterrain et caché de l’eau en ville. Le corps de l’animal mythique est stylisé en bas-relief sur l’immense portail noir du bâtiment industriel et semble sortir du mur juste avant de pénétrer dans le sol. Ce dragon, insaisissable, est constitué d’acier et de verre et parcouru de lumières et d’une eau puissante, canalisée par un système hydraulique haute pression.
Salle technique avec une série de gros tuyaux blancs courbés reliés à des conduits rouges horizontaux. Les tuyaux sont fixés à une structure métallique avec des passerelles. Le plafond est en béton avec des poutres jaunes. L’espace est éclairé par des néons.
Une grande salle industrielle avec des tuyaux massifs. Au premier plan, un conduit rouge horizontal traverse la pièce, soutenu par des structures métalliques. En arrière-plan, plusieurs passerelles et escaliers métalliques sont visibles, ainsi que d’autres tuyaux bleus et gris. L’éclairage est artificiel, venant du plafond en béton.
Gros plan sur deux tuyaux massifs à l’intérieur d’une salle technique. Un conduit rouge vertical occupe le centre, tandis qu’un tuyau bleu horizontal traverse la partie supérieure. Des éléments métalliques et des tuyaux jaunes complètent la structure. L’éclairage est artificiel.
Une façade extérieure noire ornée de reliefs représentant des formes ondulées et des dessins techniques. À droite, un élément sculptural en métal argenté sort du mur, évoquant un tuyau géant. Le sol est pavé de pierres grises, et quelques potelets noirs sont disposés devant la façade.
Une sculpture monumentale en métal et verre installée sur une place pavée. Elle ressemble à une créature ondulée sortant du sol, composée de segments argentés et transparents. En arrière-plan, une façade vitrée d’immeuble et quelques arbres.
Zoom sur
L'eau non potable à Paris
Nettoyer les espaces publics, entretenir les égouts, arroser les parcs et les jardins, alimenter les lacs et les ruisseaux des bois : à Paris, l’eau s’adapte à des besoins aussi divers qu’essentiels.
Zoom sur
Notre patrimoine
Aqueducs, usines, réservoirs et conduites : Eau de Paris veille à entretenir et assurer la performance d'ouvrages exceptionnels.