Avec Eau de Paris, la biodiversité célébrée… et protégée !

Décryptage

Publié le 22.05.2026

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Le Réseau - la gestion écologique des territoires d’Eau de Paris

Un territoire grand comme une ville, vivant comme une forêt

Pour alimenter Paris en eau potable, Eau de Paris s'appuie sur un réseau qui s'étend jusqu'à 120 km de la capitale, traversant 164 communes, 10 départements et 5 régions. Ce domaine forme une mosaïque d'habitats naturels d'une richesse rare, préservés de longue date de l'usage des pesticides et de toute activité humaine autre que la production d'eau : zones humides, coteaux calcaires secs, prairies fleuries, boisements diversifiés.

Ce n'est pas un parc naturel, mais presque. Les 470 km d'aqueducs qui relient les ouvrages constituent autant de corridors biologiques inscrits dans les trames vertes et bleues* régionales. Ils permettent aux espèces animales et végétales de se déplacer, de se rencontrer, de se disséminer — un rôle vital de connexion dans un paysage fragmenté par l'urbanisation et l'agriculture intensive. Les espaces naturels d'Eau de Paris ne sont pas seulement des corridors : ce sont des refuges.

Une faune et une flore d'exception

Sur les espaces gérés par Eau de Paris, les suivis naturalistes menés en partenariat avec des associations locales spécialisées révèlent une biodiversité remarquable parmi chaque grands groupes faunistiques suivis (oiseaux, chauves-souris, amphibiens, reptiles, insectes). Comme l'Ascalaphe soufré, protégé en Île-de-France, le Petit collier argenté ou le Cuivré des marais, papillons menacés d’extinction régionale. Notons aussi l’emblématique Campagnol amphibie sur les berges de la Voulzie (77), sur la liste rouge mondiale des espèces menacées.

Côté flore, sur les pelouses de l'aqueduc de la Vanne (77) deux espèces en danger critique d'extinction régionale ont été retrouvées : le Gaillet glauque et le Polygale amer. Tandis que le dernier inventaire du champ captant de Montreuil (28) recense 230 espèces végétales et 275 espèces animales, dont près d’une soixantaine d’espèces protégées, rares ou menacées.

Gérer autrement : l’écologie au cœur des pratiques

Pour protéger cette richesse naturelle, Eau de Paris pratique une gestion différenciée et extensive. Le principe ? Intervenir moins, mieux, et au bon moment. Respect de la saisonnalité des espèces, fauche tardive, écopâturage sur prairies humides, renouvellement doux des boisements en remplaçant les essences exotiques par des espèces indigènes… Chaque type de milieu— boisé ou herbacé, humide ou sec, en contexte urbain ou plus naturel — fait l'objet d'une prise en compte sur mesure, guidée par des plans de gestion écologique régulièrement mis à jour.

Une approche qui produit des résultats concrets : à Montreuil (28), les objectifs du premier plan de gestion ont été atteints dès la fin de son cycle, en ouvrant des ambitions plus élevées pour le suivant. À Villeron (77), un partenariat avec un agriculteur local permet la pâture extensive des prairies humides depuis 2021 et la valorisation des produits de fauche. A l’instar des 1 000 balles de foin récupérées chaque année sur le périmètre de La Vigne (28), pour nourrir notamment les animaux du parc zoologique de Vincennes, dans le cadre d'une convention qui fête ses dix ans.

Au-delà, Eau de Paris déploie des actions de valorisation complémentaires comme la plantation de haies structurant les territoires, l’aménagement de cours d’eau permettant aux espèces de bien mieux s’y déplacer, la renaturation de pelouses sèches de coteaux ou de prairies humides remarquables disparaissant du Bassin parisien ces dernières décennies. 

Des partenariats au cœur d'un cercle vertueux

La réussite de cette stratégie tient aussi à un écosystème dense de partenaires : associations naturalistes (ANVL, ELN, CEN Centre-Val de Loire, CEN Bourgogne), agriculteurs locaux, collectivités traversées par les aqueducs, instances locales à régionales. L'ANVL (Association des Naturalistes de la Vallée du Loing), par exemple, travaille aux côtés des équipes d'Eau de Paris depuis plus de vingt ans pour le suivi des zones humides. Ce partenariat de longue haleine permet d'affiner la gestion au fil des saisons, d’actualiser les pratiques dans la durée et selon l’évolution des milieux, de partager les découvertes — et de s'émerveiller ensemble du retour d'une espèce disparue depuis des années.

Car c'est bien là le sens profond de l’action d'Eau de Paris : protéger l'eau et protéger la nature sont une seule et même mission. Les zones humides herbacées et leurs compositions équilibrées représentent un rempart naturel pour la ressource en eau tout comme le système racinaire étendu des boisements naturels protègent les nappes phréatiques. 

 

* La trame verte et bleue désigne un réseau de milieux naturels reliés entre eux (forêts, prairies, rivières, zones humides), qui permet aux espèces de circuler, se nourrir et se reproduire. C’est une continuité écologique essentielle pour préserver la biodiversité.

  • 470 km

    d'aqueducs, principalement enherbés

  • 164

    communes traversées et reliées entre elles

  • 102

    points de captage d'eaux souterraines

  • 80

    oiseaux protégés, 25 libellules et papillons menacés et 68 % de plantes du Bassin parisien

  • 53 à 100 %

    des espèces du Bassin parisien, selon les groupes d'espèces suivis

  • Plus de 20 ans

    de gestion écologique et de partenariats naturalistes

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