Retour sur les 10 ans d'Eau de Paris

10 années d’une gestion publique exemplaire au service d’un bien commun essentiel et fragile. Voilà ce qu’Eau de Paris fêtait jeudi 7 mars à l’Hôtel de Ville de Paris. Petit aperçu d’un colloque où experts du monde de l’eau et professionnels d’autres secteurs se sont mis au service de débats urgents, parfois vifs et toujours passionnés.

« Ces 10 ans fêtent une réussite collective, que je représente avec responsabilité et honneur », s’est réjouie Célia Blauel, Présidente d’Eau de Paris et adjointe à la Maire de Paris chargée de toutes les questions relatives à la transition écologique, au climat, à l’environnement, à l’eau et à l’assainissement.

Tout au long des 3 tables rondes où grands témoins et experts ont développé leurs visions pour l’avenir de la gestion de l’eau et des biens communs, l’exemplarité d’Eau de Paris et la force d’un modèle de gestion publique intégrée suivi dans le monde entier ont été mises en lumière.

À l’heure de l’ouverture des données publiques, les services de l’eau doivent renouveler leur gouvernance et proposer des modèles de gestion encore plus transparents. Voilà l’ambitieuse réflexion proposée aux participants de la première table ronde.

  • Comme l’a dit Loïc Blondiaux, professeur à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne et intervenant pour la 1ère table ronde, « la contribution active du citoyen est indispensable pour arriver à la démocratie du « faire ».
  • Pour Satoko Kishimoto, chercheuse au Transational Institute, la création d’Eau de Paris a amplifié et accéléré la prise de conscience, sur les cinq continents, que l’eau et d’autres services publics (transports, santé, énergie, assainissement…) exigeaient une gestion publique, au plus proche des citoyens et des élus.
  • Les intervenants, dont Hugo André, l’un des animateurs de la chaîne Youtube « Le tatou », suivie par plus d’un million de personnes, ont tous plaidé pour associer davantage et mieux la société civile dans les prises de décisions.

À Eau de Paris, deux associations de citoyens siègent dans le Conseil d’Administration et sont associées régulièrement à toutes les décisions. Notre entreprise publique doit continuer dans son effort permanent de participation des Parisien.ne.s à la gestion de l’eau.

L’Assemblée générale des Nations-Unies, au travers des Objectifs du développement durable, a fixé la date de 2030 pour que chaque habitant de la planète ait accès à l’eau potable et à l’assainissement.

  • Brice Lalonde, président de l’Académie de l’eau, ancien ministre de l’écologie a résumé l’état des lieux pour l’atteinte de cet objectif majeur : nous progressons mais pas assez vite, « 5 milliards de personnes pourraient, en 2030, ne pas avoir d’accès sûr à l’eau ». Pourtant, au plus près des populations, en particulier des plus fragiles, le droit à l’eau n’est pas acquis et nécessite des approches souvent locales.
  • Pour Aurélie El Hassak Marzorati, directrice générale adjointe d’Emmaüs Solidarité, le travail fait par la Ville et son opérateur permet à toutes les personnes à Paris, y compris les plus précaires, d’avoir accès à une eau de qualité. Elle forme le vœu que l’on aille encore plus loin, à la fois en faisant de l’accès à l’eau partout, y compris dans des lieux privés comme les cafés ou les restaurants, un « symbole d’hospitalité » mais aussi en liant l’accès à l’eau et d’autres droits essentiels comme le logement.
  • Et Maude Barlow, membre du conseil d’administration de Food & Water Watch, fondatrice des « communautés bleues », de rajouter : « si nous n’agissons pas de manière solidaire les uns avec les autres, d’ici 30 ans, 5 milliards d’humains pourrait être privé d’accès à l’eau potable et d’assainissement ».

A l’instar de près de 40 pays ayant amendé leur constitution pour y insérer un droit à l’eau, l’accès à l’eau pour tous est inscrit dans les statuts d’Eau de Paris. Ainsi 1200 points d’eau sont accessibles à tous dans la capitale et près de 90 fontaines sont maintenues en eau durant l’hiver.

La troisième table ronde, à laquelle était notamment invitée Patricia Blanc, Directrice générale de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, faisait la part belle aux initiatives qui font de la gestion de l’eau un moteur de la transition écologique au service des territoires. Les débats ont fait ressortir la nécessité de gérer l’eau durablement, de la source jusqu’au robinet, et du robinet jusqu’au milieu naturel.

Conformément à ses engagements de protection de la ressource, Eau de Paris évite les pollutions à la source en favorisant l’agriculture biologique sur ses aires de captages. « Depuis 10 ans, un chemin considérable a été parcouru. Mais nous devons aller encore plus loin ! La gestion de l’eau est centrale dans la cité, car autour d’elle gravitent tous les autres services publics.  Eau de Paris est plus qu’un gestionnaire de tuyaux. Et, puisque l’eau est notre héritage commun, je souhaite que nous lui donnions ensemble le meilleur futur qui soit », a conclu Benjamin Gestin, Directeur général d’Eau de Paris.