L'histoire de l'eau à Paris

L’histoire d’Eau de Paris, c’est celle d’un choix fort de la Ville de Paris : celui d’une gestion directe et publique de l’eau par un opérateur industriel et commercial unique. Mais c’est aussi et d’abord l’histoire de l’eau, de Lutèce à Paris : celle d’une ville traversée par la Seine, rapidement devenue un centre de pouvoir politique, qui s’est dotée d’un patrimoine hors du commun adapté à l’évolution du territoire et de la population parisienne au fil des siècles.

Georges Eugène Haussmann

Quel que soit le pays où l'on se trouve, quand on a besoin d'eau, la première question qu'on se pose est celle-ci : où y-a-t-il une source ?

Georges Eugène Haussmann

Préfet de la Seine de 1853 à 1870

L'eau à Paris : incursion dans l'histoire

16e siècle

Les 350 000 Parisiennes et Parisiens ne bénéficient pas d’une eau de qualité.

1613

Marie de Médicis fait construire l’Aqueduc Médicis pour alimenter des fontaines publiques sur la rive gauche et les jardins du Palais du Luxembourg.

1860

Le Conseil de Paris vote un vaste programme, porté par Haussmann, d’alimentation en eau de Paris et d’évacuation des eaux usées.

1867

Eugène Belgrand est nommé Directeur du service de l’eau et entame des travaux titanesques dont notamment la construction des aqueducs.

1893

La construction de l'aqueduc de l'Avre débute en juin 1891 pour s'achever en mars 1893.

1900

La construction de l'aqueduc du Loing débute 1897 et se finalise en 1900, en complément de l'aqueduc de la Vanne.

1925

L'aqueduc de la Voulzie construit en 1925 est une canalisation de transport d'eau potable relevant du réseau d'alimentation en eau potable de Paris.

1984

En 1984, la Mairie de Paris privatise la distribution de l’eau à Paris.

1987

En février 1987, la production de l’eau potable est confiée à une Société d’Économie Mixte : SAGEP

2005

Le 1er janvier 2005, la SAGEP prend le nom d’Eau de Paris !

2008

Le 24 novembre 2008, le Conseil de Paris décide de remunicipaliser le service de l’eau.

2010

Eau de Paris devient l’opérateur municipal du service public de l’eau dans la capitale, en charge de production, du transport et de la distribution.

Dès l’Antiquité

La Seine est au cœur de la capitale. Paris est née et s'est développée grâce à l'eau. L'eau et la Seine ont d’ailleurs donné à Paris sa devise "Fluctuat nec mergitur" et son blason avec le bateau des Nautes.

La rive gauche de la Seine constitue le cœur de la cité antique de Lutèce. L’eau est d'abord puisée dans le fleuve. Au IIe siècle après JC, un aqueduc est construit. Il s'agit du premier ouvrage d'adduction d'eau de la cité. Long de 16 km, il transporte l'eau captée sur les plateaux de Wissous et de Rungis jusqu'au pied de la montagne Sainte-Geneviève. L'aqueduc fut utilisé pendant plus de 500 ans. Puis il fut victime du manque d’entretien consécutif aux invasions barbares.

Reconstitution de Lutèce, l'aqueduc gallo-romain d'Arcueil | © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Dessin.  Paris, musée Carnavalet

Au Moyen Âge, l’eau des Sources du Nord

Au Moyen Âge, les congrégations religieuses de Paris sont riches et puissantes. Installées loin de la Seine, leurs besoins en eau sont importants, d'autant qu'elles assurent souvent des fonctions d’accueil pour les personnes malades. A titre d’œuvres pieuses, les communautés religieuses vont financer de nouveaux aqueducs destinés à alimenter les abbayes mais aussi quelques fontaines publiques.

Au cours du XIIe siècle, se construit ce qu'on appelle les « sources du Nord » : un réseau d'aqueducs destiné à dériver l'eau captée sur les collines du nord-est de Paris (Belleville, Pré Saint-Gervais).

Regard de la Lanterne, Paris 19e | © Eau de Paris

La Renaissance de l’aqueduc

A la fin du XVIe siècle, Paris grandit anarchiquement. Les 350 000 Parisiennes et Parisiens ne bénéficient pas d’une eau de qualité. Sous le règne d’Henri IV, on cherche à restaurer l’aqueduc romain de Lutèce. Mais sa réutilisation est finalement impossible car trop dégradé. En 1613, la régente Marie de Médicis fait construire l’Aqueduc Médicis, pour alimenter des fontaines publiques sur la rive gauche et les jardins de son palais du Luxembourg. Mais Jusqu’au XIXe siècle, l’eau de Paris est essentiellement puisée directement dans la Seine.

Aqueduc de Médicis
Aqueduc de Médicis | © Eau de Paris

Le XIXe siècle, le siècle des grands travaux

Imaginé au 19e siècle et toujours en service, le système d’adduction d’eau de Paris témoigne de l’intelligence des travaux titanesques menés par Eugène Belgrand sous Napoléon III.

Entre 1836 et 1866, Paris passe de 1 à 2 millions d’habitants. En 1860, Le Conseil de Paris vote un vaste programme d’alimentation en eau de Paris et d’évacuation des eaux usées. Ce projet est porté par Georges Eugène Haussmann, alors préfet de la Seine. L'ingénieur Eugène Belgrand est nommé directeur du service de l’eau.

Il engage alors de grands travaux pour développer et moderniser le réseau d’eau de la capitale. Son objectif : offrir aux Parisiens une eau de grande qualité. Ces travaux titanesques sont à l’origine d’une grande partie du patrimoine encore géré aujourd’hui par Eau de Paris. Il est décidé de capter des sources loin de Paris, jusqu’à 150 km au-delà de la capitale. Les eaux seront acheminées jusqu’aux portes de Paris par deux aqueducs : la Dhuys (1863-1865) et la Vanne (1866-1874).

Après le décès d’Eugène Belgrand, trois autres aqueducs sont construits, qui acheminent encore aujourd’hui la moitié de la consommation d’eau potable des Parisiennes et des Parisiens : l’Avre (1890-1893), le Loing (1897-1900) et la Voulzie, dont les travaux ne s’achèveront qu’après la guerre, en 1925. 

Source d’Erigny après captage, sources de la Vigne, 1893 | © Eau de Paris
Passage de l'aqueduc de la Voulzie à Champagne sur Marne
Construction du réservoir de Montmartre

1860

Construction des réservoirs de Montsouris, recevant les eaux de la Vanne, du Loing et du Lunain, Paris (14e arr.), vers 1870 | © Eau de Paris
Construction du pont-aqueduc de la Vanne au-dessus du Pont Aqueduc Médicis, Arcueil, vers 1870 | © Eau de Paris
Doublement des siphons de l’aqueduc du Loing, siphon de la Bièvre, vers 1900 | © Eau de Paris
Pose de conduite en tranchée, construction de l’aqueduc de la Voulzie, 1924 | © Eau de Paris
Porteur d'eau devant le cabaret du Lapin Agile à Montmartre | © Albert Harlingue/ Roger-Viollet

Paris, vers 1910

Parisiens lors d'une vague de chaleur, Paris, juin 1914 | © Maurice-Louis Branger / Roger-Viollet
Crue de la Seine | © Neurdein / Roger-Viollet

Paris, avenue Ledru-Rollin, janvier 1910

 

Sources du Durteint vers l'aval, région de Provins (Seine-et-Marne), 1915 | © Eau de Paris
Construction d’un pavillon de captage, source de la Voulzie et du Durteint, région de Provins (Seine-et-Marne), 1924 | © Eau de Paris
Roue motrice, usine de Chigy, région de Sens (Yonne), 1931 | © Eau de Paris
Atelier de Longueville (77)

1949

Le XXe siècle, entre gestion publique et privée  

Jusqu’en 1985, la production et la distribution d’eau à Paris étaient gérées par un service municipal. Seule la gestion commerciale était déléguée à la Compagnie générale des eaux (CGE). En 1984, la Mairie de Paris privatise la distribution de l’eau à Paris. La Compagnie des Eaux de Paris, filiale du groupe Veolia s’occupe de la rive droite. La société Eau et Force Parisienne des Eaux, filiale du groupe Suez gère la rive gauche.

En février 1987, la production de l’eau potable est confiée à une Société d’Économie Mixte. C’est la création de la Société Anonyme de Gestion des Eaux de Paris (SAGEP). Le capital est détenu à 70 % par la Ville de Paris, à 14 % par la Lyonnaise des Eaux, à 14% par la Compagnie Générale des Eaux et à 2% par des sociétés municipales. Le 1er janvier 2005, la SAGEP prend le nom d’Eau de Paris !

Vers l’eau publique

Le 24 novembre 2008, le Conseil de Paris décide de remunicipaliser le service de l’eau. Il crée à cet effet un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC).

En prenant cette décision, la Ville de Paris a voulu affirmer que la gestion de l’eau, bien commun de l’humanité, devait rester une affaire publique. Cette démarche s’inscrit dans un mouvement général en France de retour à la gestion publique du service de l’eau.

Eau de Paris a pour mission centrale d’offrir aux parisiens une eau de qualité au juste coût, tout en garantissant un haut niveau de performance. Les problématiques de la gestion de l’eau à Paris s’inscrivent désormais sur le long terme dans des considérations aussi bien techniques que sociales et environnementales.

En mai 2009, Eau de Paris, nouvel établissement public à caractère industriel et commercial, prend en charge la production et le transport de l’eau. En janvier 2010, Eau de Paris devient l’opérateur municipal du service public de l’eau dans la capitale, en assurant également la distribution. Le 1er mars 2017, Eau de Paris est devenue le prestataire unique de défense extérieure contre l’incendie (DECI) à Paris. En 2020, Eau de Paris lance son dispositif d’aides pour les agriculteurs. C’est une première pour un opérateur d’eau en France.

Le patrimoine historique d'Eau de Paris

EAU DE PANAME - Fontaine Wallace - épisode 3

EAU DE PANAME - Aqueduc d'Arcueil - épisode 1

EAU DE PANAME - Les regards des Sources du Nord et la lanterne à Belleville - épisode 4

EAU DE PANAME - Réservoir de Passy - épisode 5

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